24 août 2008

DEUX TYPHONS POUR LE PRIX D'UN

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On attendait Nuri, typhon météorologique annoncé sur Hong Kong. Mais on a eu en prime cette annonce soudaine de la "suspension provisoire" de quatre cavaliers dont les chevaux ont été contrôlés positifs, ce qui a constitué un sacré coup de tonnerre, et un bien gros nuage, pas près de se dissiper dans le ciel des sports équestres...

Les tests ont eu lieu lors de la Coupe des nations. Au moment de l'annonce, 15 prélèvements avaient été effectués sur des chevaux de saut d'obstacles, et 4 d'entre eux étaient donc positifs, ce qui représente un pourcentage énorme. La Fédération équestre internationale se vante d'avoir commandité plus de contrôles que lors des olympiades précédentes, mais on observe tout de même qu'à peine 60 chevaux sur 200 ont été testés, et qu'un cheval par équipe médaillée seulement était prélevé (sang et si possible urine). C'est assez peu, finalement... Même si la FEI a eu le courage de réagir à chaud, de rendre la chose publique, de s'expliquer, et d'empêcher les cavaliers de concourir dans la finale individuelle, ce qui n'est pas rien.

Des mois en amont des Jeux, les organisateurs avaient pourtant pris la peine de communiquer au sujet de ces contrôles, histoire de mettre tout le monde en garde, les prélèvements étant examinés au sein du laboratoire du Hong Kong Jockey Club, qui est certainement le plus pointu au monde... Mais apparemment le message n'a pas été reçu cinq sur cinq. Jusqu'à preuve du contraire, ou une éventuelle annonce de nouveaux cas positifs chez les sportifs humains, l'équitation a donc la médaille d'or peu enviable de "sport le plus dopé des JO". Et vraiment, on n'avait pas besoin de cela...

Les rédactions des médias ont immédiatement réagi à la nouvelle et demandé des articles, des infos. Pensez donc, Denis Lynch, grand favori pour l'or individuel, Tony-André Hansen dont le cheval n'avait pas touché une barre depuis le début des Jeux, Bernardo Alvez, très performant au niveau mondial avec son Chupa Chup, et Christian Ahlmann pour l'Allemagne ! Aucun second couteau dans ce bataillon.

Je n'aimerais pas être une journaliste irlandaise... Imaginez : Cian O'Connor, le Champion olympique 2004, disqualifié pour dopage. Jessica Kuerten, fer de lance des Irlandais, qualifiée pour les JO mais empêtrée dans une affaire de dopage elle aussi. Denis Lynch va aux Jeux grâce à la place qualificative gagnée par Jessica, et paf, le voila privé de finale individuelle, pour quoi ? Pour dopage...

Et la Norvège qui va probablement perdre sa médaille de bronze, première médaille olympique en saut d'obstacles dans l'histoire de ce pays...

Et l'Allemagne, qui a été rétrogradée de l'or au bronze en 2004, suite au contrôle positif du Goldferver de Ludger Beerbaum, et qui maintenant a le cas du Coster de Christian Ahlmann...

Les Irlandais ont donné une conférence de presse au début de la seconde manche de l'individuel. C'est très symbolique, cela montre comment d'un coup, l'intérêt est passé du sport qui se jouait en piste à ses coulisses sombres. Denis a expliqué que le problème venait d'une pommade dont il se servait pour masser le dos de son cheval, et contenant de la Capscaïne, la fameuse substance dérivée du "chili pepper" trouvée dans les analyses de Lantinus et des trois autres chevaux. Il a produit le pot de crème, et les journalistes ont été invités à s'en passer sur les mains pour constater qu'elle n'était pas irritante. Pathétique. Car que le contrôle positif de Lantinus s'explique uniquement par l'utilisation de cette pommade ou pas, la Capscaïne est un produit interdit, point à la ligne ! Triche ou amateurisme auront les mêmes conséquences catastrophiques pour le sport.

On imagine souvent le vil journaliste se réjouissant d'avoir un bon petit scandale à se mettre sous la dent. A Hong Kong, la salle de presse était surtout remplie de passionnés, d'amoureux de ce sport, effondrés. La tête de mon ami suisse Alban Poudret, auquel une radio demandait déjà de participer à une émission axée sur les questions de dopage ! Tout le monde s'est d'un coup éloigné du suivi de la compétition pourtraiter les dernières informations concernant le dopage. J'envoyais moi-même à Equidia les traductions des interviews du clan irlandais. A chaque parcours de barrage pour la médaille de bronze, on se pressait devant les télévisions pour ne pas tout louper, tout de même ! Et puis à un moment je me suis dit : "Merde ! tu te rends compte que tu es en train de passer à côté de la finale individuelle des Jeux Olympiques  à cause d'une saloperie de pommade???" J'ai couru jusqu'aux tribunes pour savourer les parcours de Rolf-Goran Bengtsson et Ninja, puis d'Eric Lamaze et Hickstead... Quel barrage, quel podium, quelle joie de voir triompher ce cavalier francophone !  Et quelle hiérarchie respectée malgré tout, avec Beezie Madden médaillée de bronze, Meredith Michaels quatrième, juste devant Rodrigo Pessoa....


Commentaires

Celine, tout est dit dans votre article.........et encore vous n'avez pas aborde le penthatlon moderne dont les images de chutes et autres derobades, chevaux boiteux ont tourné dans tous les resumes du jour ou autre zapping....heureusement notre federation bien aimee sort au meme moment un spot publicitiaire avec comme slogan = le cheval,c'est genial..nul doute que chacun des francais en sera persuadé à l'issue de ces Jeux.....

Ecrit par : fleche | 24 août 2008

Je n'ai personnellement pas pu voir les images de pentathlon, mais je trouve que ça n'a rien à voir avec la choucroute : ce n'est pas le même sport et cela ne dépend pas du tout de la FFE... A chacun de cultiver son propre jardin !

Ecrit par : Céline | 24 août 2008

Alors la, pas du tout d'accord.........un cavalier sur un cheval qui enchaine un parcours d'obstacle...c'est du CSO...qu'il depende de la FFE ou de la federation de penthatlon !!!!!!!!! et je ne crois pas que le commun des mortels fasse lui aussi la difference.......

Ecrit par : fleche | 24 août 2008

Tout à fait d'accord avec toi Flèche, un cheval c'est un cheval..Inadmissible ce que l'on a pu voir au Pentathlon..FFe ou pas...

Ecrit par : Didier (Dijon) | 25 août 2008

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